10 décembre 2007

Construisons un véritable espace social libéral

Nous avons, avec l’élection présidentielle 2007, connu un tournant dans la vie politique française. D’une part, la forte mobilisation donne une grande légitimité et une attente encore plus forte vis-à-vis du Président de la République, d’autre part, l’ouverture politique sans précédent qui a eu lieu nous permet d’espérer une politique plus juste pour tous, au-delà des vieux clivages stériles et dépassés…

Dans cette ouverture, un parti est né, Gauche Moderne. Un parti social libéral, un parti qui se veut résolument pragmatique, au-delà des bagarres partisanes, qui n’aura pas peur de s’allier avec telle ou telle formation en fonction des débats et de l’intérêt général.

Les temps ont changé, le temps ou la droite s’occupait d’économie et la gauche de social est révolu.

S’il n’y a pas, pour nous, de fatalité à la naissance et si un enfant de milieu modeste n’est pas condamné à le rester, n’ayons pas peur de dire que la mondialisation et l’économie libérale (dont la majorité des gens du PS a en horreur) doivent jouer un rôle dans la création de richesses, qu’elles soient économiques, sociales… Oui, la mondialisation est une chance.

Il ne suffit pas de dire à demi mots que l’on accepte le marché et faire l’inverse devant les pseudo bien pensants.

Nous devons accepter cette réalité économique (elle est réelle, nous ne pouvons la nier) et la transformer en avantage afin d’assurer non seulement une meilleure répartition des richesses, une meilleure justice sociale (chacun doit pouvoir évoluer) mais aussi et surtout redonner à l’individu le rang central qui lui est dû, tout en respectant ses choix. 

Il faut une fois pour toutes, accepter l’idée qu’employeurs et employés ne sont pas des ennemis et  que c’est grâce aux milliers de PME que l’économie française sortira de la situation délicate dans laquelle elle est plongée. La baisse des charges sociales, la défiscalisation d’heures supplémentaires, la possible simplification du droit du travail… sont les premières mesures d’une tentative de sortie de crise !

Nous ne devons pas avoir peur d’aborder certains sujets même s’ils paraissent tabous pour les conservateurs de ce pays, qu’ils soient de droite ou de gauche d’ailleurs.

En vrac, je citerai, l’absolue nécessité d’un état de droit laïque, garant d’une meilleure intégration, ou encore l’importance de la société civile, la politique ne doit pas être élitiste car elle n’est alors pas représentative des Français. Au même titre, nous devons nous doter de syndicats forts, comme c’est le cas, dans les pays scandinaves. Seule une meilleure représentativité permettra d’éviter les débordements et l’affrontement stérile patrons, ouvriers, employés…

La concertation sociale doit bien évidemment toujours être privilégiée.

Nous devons aussi doter la politique d’une morale plus effective. De fait, la personne choisie pour représenter le peuple ne doit pas se placer au-dessus des lois qui prévalent pour ce même peuple. Nous devons bien évidemment créer les conditions optimales de redistributions, une Europe sociale, ancrer dans les mentalités l’absolu respect de l’environnement…

Enfin, je terminerai sur une notion qui me tient à cœur, ce nouveau parti doit être travailliste. Aucun peuple, aucun pays sensé ne peut aujourd’hui, résolument nier ce terme.

Alors bien sûr, certains pseudos intellectuels ne comprendront pas comment il est possible de concilier justice sociale et mondialisation.

Certains de droite n’accepteront pas un parti dit de « gauche » (bien qu’aujourd’hui ces clivages sont, à mon sens, totalement dépassé) se réclamant du libéralisme social, d’autres de gauche crieront au scandale en voyant des thématiques sociales reprises par un parti qui pour eux est trop à droite.

Mais au final, faisons nous de la politique pour flatter l’ego démesuré d’une partie de la classe politique ou pour l’intérêt général ?

Gauche Moderne est un parti PRAGMATIQUE au service de tous…

Cyril DIVOUL

03 décembre 2007

"C'est quoi votre gauche, là ?"

Qu'est-ce qu'être de gauche ? Il n'y a pas de réponse univoque aux questions qui ne manqueront pas de continuer à nous être posées, parfois avec mépris d'ailleurs ("mais alors vous êtes la gauche de droite ?"). Donc je ne sais pas si nous devons être limpides et imparables, à supposer que ce soit possible car cela renvoie à la question "qu'est-ce qu'être de gauche ou de droite", ce qui est une science passionnante mais parfois inexacte. En tout cas nous devons être sincères quand nous répondons à cette question, ne pas hésiter à faire une réponse personnelle, et ensuite être précis en donnant des exemples, ce que nous tenterons notamment de faire à GM Bruxelles.

 

Car il y a plusieurs chemins de pensée qui mènent à gauche, comme à droite. Moi je crois que c'est une question de priorités, c'est vrai que les gens de droite a priori valorisent l'ordre et les gens de gauche la solidarité. C'est vrai aussi, comme cela a été dit lors de la conférence de presse, qu'être de gauche peut se définir comme placer l'humain au coeur de la société. Et pourtant vous trouverez toujours des gens de droite (je le sais, je les connais car mon histoire a ses racines chez eux) qui penseront sincèrement être solidaires et placer l'homme au coeur de la société.

 

En ce qui me concerne par exemple je sais que mon cheminement vers le centre-gauche n'est pas seulement dû au fait que je suis persuadé que liberté économique va de pair avec responsabilité sociale (que je préfère à "solidarité"). C'est d'abord une immense envie de voir la société évoluer vers plus de liberté non pas économique mais personnelle : de pensée, d'expression, de comportement, de moeurs, d'action et d'inaction, sans que tout le monde juge tout le monde. Or cette liberté nécessite souvent un "filet de sécurité" qui fait que l'argent ne doit pas être systématiquement la contrepartie d'un travail d'arrache-pied, d'une intelligence suprême, d'un talent fou, des efforts ou de la chance : il doit être là, c'est tout, d'où la nécessaire "solidarité".

 

La mondialisation est souvent positive, mais elle nous a aseptisés, formatés, seuls les hommes libres peuvent y puiser le meilleur ; je pense que cette liberté-là, en 2007 comme en 68, est à gauche. Voilà pourquoi je n'ai pas apprécié la sortie du candidat Sarkozy sur mai 68 ; mais je crois qu'il ne pensait pas vraiment ce qu'il disait (est-il vraiment de droite ?), en revanche ce qui me gêne c'est la clientèle qui vibre en entendant ce genre de discours. Question d'état d'esprit avant tout, d'ouverture. Mais aussi de nuances : comme l'écrivait Jean Daniel dans son édito il y a un mois environ, il est difficile de coller une étiquette, de faire rentrer dans des cases les gens de gauche : ils apportent toujours une nuance à leur discours ; c'est cela aussi la liberté.

Vive Gauche Moderne !