15 décembre 2007

Redonner à l'Europe sa dimension sociale

Il faut naturellement se réjouir de la signature du Traité de Lisbonne, tout en rappelant que c'est Nicolas Sarkozy qui a pris l'initiative de relancer un processus européen dangereusement bloqué.

Mais comme l'a souligné Thomas Ferenczi cette semaine dans le Monde, la dimension sociale de l'Europe est négligée et même bafouée. José Manuel Barroso, qui n'est par ailleurs pas un mauvais président, fait barrage à une directive sur les services publics réclamée pourtant à cor et à cri par la Confédération européenne des syndicats. La flexicurité est souvent perçue d'abord comme une facilité de rupture du contrat de travail, plutôt que comme un mécanisme de protection.

De leur côté, le Royaume-Uni et l'Allemagne s'opposent, avec succès, à l'adoption d'une directive limitant la durée hebdomadaire du travail à 48 heures (sauf dérogation...) et d'une autre tendant à reconnaître aux travailleurs intérimaires les mêmes droits qu'aux travailleurs permanents. Certes, un certain nombre d'Etats membres n'ont pas attendu l'avènement de telles normes pour mettre en place des garde-fous de ce type. Il n'en demeure pas moins qu'un encadrement supranational est indispensable, à la fois pour inciter ceux qui ne l'ont pas fait à aller de l'avant et parce qu'il n'existe pas d'autre moyen d'harmoniser, à l'échelle de l'Union, le noyau dur de nos choix sociaux.

ER

14 décembre 2007

En bref

Deux ans après les rejets français et néerlandais, le nouveau traité européen a été signé par les 27. Il devrait être ratifié en 2009 par voie parlementaire, sauf pour l'Irlande, qui désire un référendum.