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28 août 2008

Le RSA, une réforme juste

Il faut soutenir – évidemment, et avec ferveur – le financement du revenu de solidarité active (RSA) par une taxation modérée des revenus du capital. La lutte contre la pauvreté est aussi un combat européen.

 

Ce prélèvement de 1% supplémentaire sur les revenus du patrimoine et des placements, incluant l’assurance-vie et les plans d’épargne, est une mesure non seulement équitable et dans l’esprit de la généralisation voulue par Martin Hirsch, mais également responsable sur le plan budgétaire.

 

Il faut certes veiller à ne pas pénaliser l’effort et le travail - le président de la République a suffisamment expliqué, ce 28 août, que l'assistanat n'est pas sa politique, mais aussi qu'il n'existe pas d'opposition entre l'économique et le social. C'est ce que nous ne cessons de dire à GM avec Jean-Marie Bockel. Mais il reste important de faire en sorte que la solidarité nationale puisse trouver à s’appliquer sans aggraver la situation des finances au regard des exigences européennes.

 

En Charente, l’un des premiers départements ayant mis en place l’expérimentation du RSA (certes de façon généreuse), la lutte contre l’exclusion a marqué des points. La finalité même du RSA, son efficacité, ne sont donc plus vraiment discutées ; il restait à le financer, et le PS a été peu prudent d’insinuer que le gouvernement se servirait dans le budget de la PPE.

 

La généralisation du RSA dès 2009 sera un instrument non négligeable de lutte contre la pauvreté en France. Mais ce combat est aussi européen.

Au sein de l’Union européenne, la question a pris un tournant notoire avec les Plans nationaux de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale, sur l’invitation du Conseil des ministres de l’Emploi et des Affaires sociales de décembre 2002 - bien que le sommet de Nice en 2000 ait déjà permis de définir des objectifs communs : la promotion de la participation à l’emploi et l’accès de tous aux ressources, aux droits, aux biens et services, la prévention des risques d’exclusion, l’action pour les plus vulnérables et la mobilisation de l’ensemble des acteurs. En 2005, l’accent avait été mis sur la croissance et l’emploi pour lutter contre la pauvreté.

Des objectifs sociaux communs ont été définis en 2006 dans le cadre de la méthode ouverte de coordination (MOC), dont l’efficacité a fait ses preuves et dont un nouveau cycle de deux ans s’est ouvert cette année.

En 2008, une communication de la Commission européenne relative au rapport conjoint sur la protection sociale et l'inclusion sociale a mis en avant plusieurs problématiques : la pauvreté des enfants, les travailleurs âgés, les régimes privés de retraite, les inégalités dans le domaine de la santé et les soins de longue durée.

Ce document met en relief – c’est important - les avancées qui ont eu lieu au sein de l’Union ces dernières années : recul du chômage de longue durée, réduction des écarts entre les femmes et les hommes, augmentation du taux d'emploi des travailleurs plus âgés, atteinte par neuf Etats Membres (dont la France ne fait pas partie) de l'objectif des 50 % de taux d'emploi pour les travailleurs plus âgés (objectif fixé pour 2010). Il souligne également que le financement de la protection sociale a évolué de façon positive dans plusieurs États membres.

A court terme, l’Union européenne mettra notamment l’accent sur les points suivants :

l'inclusion sociale des personnes les plus vulnérables par la cohérence et la coordination des politiques touchant à l'égalité des genres ainsi qu'à la solidarité entre les générations ;

  • la promotion du vieillissement actif, notamment par la modernisation des régimes de pension ;
  • la viabilité des régimes de retraite ;
  • la lutte contre la pauvreté des enfants par la réussite scolaire, la lutte contre la discrimination et l'égalité des chances ;
  • la réduction des inégalités dans le domaine de la santé, incluant la promotion de modes de vie sains, l’accès universel aux soins de santé et aux soins de longue durée, la prévention.

Au terme du nouveau cycle de la MOC qui s’est ouvert cette année, 2010 sera l’année européenne de lutte contre la pauvreté et l’exclusion sociale[1].

E. Ruchat


[1] Voy. Proposition de décision du Parlement européen et du Conseil relative à l'Année européenne de lutte contre la pauvreté et l'exclusion sociale (2010) E3744 - COM (2007) 797 final du 12/12/2007

Commentaires

J'appuie à 1000% ; nous attendons votre intervention à Mulhouse avec impatience, cher Emmanuel ! Je crois bien que le moment est enfin venu, non ? Vous êtes certes très occupé mais parfois il faut savoir tout lâcher quand des intérêts supérieurs vous réclament !

Ecrit par : ARCHIE | 11 septembre 2008

Sur le financement du RSA avec une taxe de 1,1% sur le capital.

Vous devez confondre Capital et capital...

Parce que avoir une petite retraite de 523 euros mensuels et être propriétaire d'un petit appartement 2 pièces loué rapportant 569 euros mois qui va être encore taxé d'un nouveau prélèvement de 1,1% alors que les plus riches ne paieront pas plus grâce au paquet fiscal et la limite de 50% (sur plusieurs millions d'euros c'est gratuit ! merci !) c'est encore les pauvres qui paient pour les plus pauvres et pour vous ça ce n'est pas une politique de droite ? Si ! de droite dure et ce n'est pas pour augmenter les impôts et taxes des petits retraités que nous l'avons élu !!! 523+569= 1092 euros sans la déduction des 1,1% qui va avoir lieu sur le loyer !!! moins que le smic !!! C'est du social pour vous ça !!!
Les pauvres avec les pauvres et les riches avec les copains mafias riches ! MERCI !!! Sans compter que ma retraite n'aura augmenté que de 1,9% alors que le coût de la vie de 3,9% au minimum !!!!!! Si c'était à refaire nous ne voterions plus pour lui même si à gauche ç'aurait pas été le pérou c'aurait pas été pire et surtout on n'auraient pas été trahi par ce gamin excité du fric pour lui et ses copains, faut rappeler qu'il s'est augmenté de "seulement" 140% !!!!

La gauche dite "moderne" est en fait un parti de droite comme l'est devenu Tony Blair; c'est beau la vie en Angleterre, il faut y aller !

Ben zut ! les Anglais préfèrent la France, les retraites en France et se faire soigner en France enfin tant que Sarkozy n'aura pas terminé son travail de casse sociale !

Merci JMB !

Ecrit par : Albert | 16 septembre 2008

Comme quoi on ne peut pas plaire à tout le monde... Merci JMB, vous y allez un peu fort, comme vous le savez cette réforme que nous appuyons et soutenons est due à Martin Hirsch.

Vous savez par ailleurs qu'une discussion a eu lieu entre celui-ci et N. Sarkozy sur l'intégration ou non dans le bouclier fiscal. Nous n'avons jamais dit que nous étions favorables à la deuxième option, bien qu'il reste important selon nous - c'est ce qui nous différencie peut-être de la "gauche de la gauche" - de ne pas pénaliser le capital qui résulte du travail et de l'effort. Effectivement si vous avez voté pour Sarkozy en espérant qu'il augmenterait globalement les impôts, c'est que vous avez mal écouté ce qu'il disait.

Quoi qu'il en soit, ce n'est pas parce que la solution n'est pas parfaite qu'il faut jeter le bébé avec l'eau du bain. Je vous rappelle que nous avons pris position contre le financement du système par un rabotage de la PPE. Le financement adopté est sans doute le "moins pire" si j'ose dire.

ER

Ecrit par : ER | 19 septembre 2008

Le theme de la penalisation du capital "du au travail et a l'effort" serait un theme interessant a traiter dans un article plus fourni par GM.

Comme questionnements sur le sujet, je propose:
- Quid des capitaux dus au travail de traders ou de grands patrons qui sont demesures par rapport au risaue et a l effort fourni? ( J'ai un copain trader qui va toucher un bonus d un million d euros cette annee, tres legalement, sans coups bas, et en sortant a 18h tous les soirs)
- Quid des capitaux non acquis par ceux qui n'en ont pas les moyens intellectuels dus a leur histoire, leur passe et malgre les efforts qu'ils font pour trouver du boulot? ( J'ai un copain congolais qui est inscrit dans toutes les agences d'interim, qui veut bien tout faire a tous les horaires meme le WE et qui gagne au bas mot 500 euros par mois)
- Quid de le responsabilite individuelle d'avoir acces au gain d un capital? En quoi suis je responsable du parcours professionel que j'ai fait, etant smicard ou cadre? ma famille, ma vie, mes genes y sont aussi pour une grande partie. Pourquoi ne pas considerer, en affirmant que le monde sera toujours inegalitaire, qu'un certain niveau de revenu peut suffire a un etre humain pour vivre?
Cyril

Ecrit par : seurat | 27 décembre 2008

Salut Cyril, mais dis donc le 27/12 tu n'étais pas en chemin ? Bref, en ce qui me concerne je n'ai rien contre ton copain trader, d'autant qu'il représente plutôt une espèce en voie de disparition et que pour toucher encore un bonus d'un million, il doit vraiment être particulièrement doué. Je te rappelle qu'ici nous défendons autant la solidarité que la liberté.

Ton autre copain congolais, à mon sens cela pose plutôt le problème de la discrimination que celui du marché - à ce sujet il faut saluer l'action de la HALDE, et aussi des initiatives comme les "promotions ZEP".

Quand tu demandes en revanche en quoi tu es responsable de ton parcours, je ne peux te suivre. Comme tu le dis, d'autres facteurs jouent en partie. Encore une fois, nous luttons contre l'exclusion et la pauvreté, ce qui n'implique pas de fixer d'autorité un "certain niveau de revenu pour vivre".

Amitiés,

Emmanuel

Ecrit par : ER | 04 janvier 2009

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