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18 juin 2008

Réaffirmer ce que nous sommes, à la veille de la présidence française de l'UE

La présidence française de l’Union européenne commence le 1er juillet.

Depuis le récent « non » irlandais au Traité de Lisbonne, certains se réjouissent de voir cette présidence débuter dans la difficulté. La Gauche Moderne est une alliée du président de la République ; au seuil de cette étape importante de son quinquennat, il serait inique de rejoindre les euro et sarko-sceptiques.

Nicolas Sarkozy a fait l’ouverture, il a engagé simultanément de multiples réformes, peut-être paie-t-il en termes de popularité son courage politique et quelques traits de personnalité. Peu importe ; son action aura été déterminante dans l’évolution de la société et des structures françaises.

Il reste que si nous sommes ses alliés, et ceux du parti politique qu’il a façonné et dirigé, nous assumons notre positionnement à gauche. Sarkozy est-il un homme de droite ? Il y aurait matière à discuter. En revanche, il n’est pas douteux que l’UMP soit à droite ; c’est ce qui nous sépare. En ce sens, si nous pouvons travailler avec ce parti, notre existence propre se justifie pleinement parce que nous restons de gauche.

Il n’est pas rare, comme membres de GM, de devoir se justifier tant sur notre appartenance réelle à la gauche que sur notre non-adhésion individuelle au parti de la majorité. Quelques-uns ont fait le choix de rejoindre ce parti : ils nous ont ainsi rendu le service de clarifier notre message.

Nous ne sommes pas la gauche de droite, mais un parti de gauche réformiste, humaniste, social et qui se bat pour la liberté que découvrent aujourd’hui les socialistes – ce dont nous nous réjouissons d’ailleurs. Nous sommes aux côtés de Nicolas Sarkozy parce que c’est un homme de liberté et de réforme, mais nous ne sommes pas d'accord avec lui sur tout.

Dans ses dernières tribunes (sur notre site national), Jean-Marie Bockel revient longuement sur ce qui fait notre spécificité et sur ce que nous voulons. Nos premières rencontres nationales, le 29 juin, seront l’occasion d’y revenir.

A Bruxelles, où notre antenne sera plus présente que jamais durant la présidence française, nous participerons à la recherche de solutions institutionnelles efficaces. Nous travaillerons également sur les dossiers que ces questions institutionnelles ne doivent pas occulter, en particulier l’aide au développement et à l’agriculture des pays du Sud, la priorité à donner aux énergies renouvelables.

Il fut un temps où l’urgence, en Europe mais surtout en France, était de libérer les énergies, l’initiative, le marché. C’est fait. Aujourd’hui la Gauche Moderne s’inscrit dans une volonté de préservation de ces libertés tout en gardant à l’esprit qu’elles ne sont rien sans d’autres libertés et sans protection. D’autres combats nous attendent.

E. Ruchat