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17 février 2008

Les avocats, piliers de la démocratie

Il y a quelques semaines, un avocat bruxellois réputé a été mis en cause par un hebdomadaire (pourtant habituellement modéré et sérieux) pour avoir "osé" envoyer à l'une de ses relations influentes (et politiques) une note dans laquelle il faisait le point sur les dossiers qui étaient en cours et sur ceux qu'il souhaitait obtenir. Le magazine, qui insinue qu'il s'agirait d'un démarchage - pratique interdite aux avocats, mais dont il n'est pas du tout certain qu'elle soit caractérisée ici - a estimé qu'une telle méthode révélait l'absence d'indépendance de l'avocat en question, proche de la gauche. 

Cette thèse laisse entrevoir une grande méconnaissance de la profession. Les avocats, qui sont actuellement à la pointe de tous les combats pour la liberté et la démocratie (rétention de sûreté, responsabilité pénale des "fous", respect du secret professionnel contre directives blanchiment), peuvent être proches d'une pensée, voire d'un parti politique sans pour autant perdre leur indépendance. Au contraire !  Leur engagement professionnel revêt de fait, bien souvent, une dimension politique au sens étymologique du terme ; ce sont des acteurs à part entière du fonctionnement de la démocratie. Ils croient en l'homme et respectent la cité.

L'indépendance de l'avocat n'est pas contradictoire avec des engagements politiques ; elle signifie seulement que l'avocat n'épouse pas la cause de son client et qu'en conséquence, il ne dit pas et ne fait pas n'importe quoi pour le défendre. Il peut aussi refuser de l'assister ou de mettre en oeuvre une stratégie dont il estime qu'elle n'est pas souhaitable. En aucun cas elle n'implique pour l'avocat de se contraindre à défendre successivement des organisations impliquant des choix contradictoires du genre gauche, droite, gauche... même si rien ne l'empêche, sauf peut-être une certaine nécessité de cohérence et donc de crédibilité sur des choix fondamentaux car politiques. En revanche il est sain de défendre tour à tour, par exemple, des employeurs et des employés ; car l'avocat est celui qui est le mieux à même de comprendre qu'il n'existe pas "une Vérité".

Il est inique de croire que l'avocat ne doit rien faire pour obtenir de nouveaux dossiers, même quand il est célèbre. C'est un métier d'homme libre, mais aussi de commerçant ; ce n'est pas un gros mot ! C'est au XIXème siècle que les honoraires étaient accessoires... En ces temps de bourgeoisie absolue, de retour à tous les conformismes, à toutes les valeurs morales dures et fades à la fois, 40 ans après mai 68, l'avocat est - avec le journaliste d'ailleurs - un rempart contre la pensée unique.

 

Commentaires

Quel énervement, je ne serais pas étonné que cette note ait écrite par un avocat ! Vous défendez vos copains ?

Ecrit par : ch.dalv | 05 mars 2008

C'est un billet d'humeur cher monsieur ! Mais tant qu'à faire défendons aussi nos "copains" comme vous dites, pas seulement nos ennemis.

Ecrit par : ER | 06 mars 2008

Moi c'est madame. Enfin comme quoi les requins ne se mangent pas entre eux !

Ecrit par : ch.dalv | 07 mars 2008

ah pardon, madame (mais dans ce cas il manque un e à "étonné") ;-)

Ecrit par : ER | 07 mars 2008

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