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02 janvier 2008
2008
Nous vous souhaitons une bonne et heureuse année 2008. Celle-ci sera l'occasion de célébrer le quarantième anniversaire d’un mois de mai tendant à la rupture, et dont nous assumons l’héritage avec force, fierté et peut-être même une certaine vigilance. Souhaitons en tout cas que la gauche française sache retrouver, comme l’a fait la gauche européenne, sa force d’imagination, de liberté et de créativité.
Sur le plan européen, auquel nous sommes évidemment attachés à Bruxelles, la tâche est importante, qui consistera à veiller non seulement sur le travail normatif en amont (les directives, pour l’essentiel, avec une Commission européenne peu sensible aux questions sociales actuellement), mais également sur la jurisprudence communautaire qui fait somme toute peu parler d’elle en France. Ainsi, l’arrêt Laval rendu le 18 décembre 2007 par la CJCE, qui concerne le détachement des travailleurs et sur lequel nous reviendrons dans ce blog, démontre que la garantie des droits des travailleurs détachés au sein de l’Union n’est pas encore tout à fait une réalité.
Nous nous intéresserons également à diverses initiatives tendant à rétablir l’équilibre entre sociétés multinationales et consommateurs. Bien souvent, seul le regroupement de ceux-ci grâce à Internet et aux blogs permet une discussion d’égal à égal.
L’année 2008 sera aussi consacrée à la mise en place de propositions tendant à l’amélioration de la condition pénitentiaire en Europe, avec une application plus exigeante – c’est un combat permanent et peu populaire – de la Convention européenne des droits de l’homme.
Mais l’Europe ne saurait nous détourner de la France. C'est en France que se tiendront cette année les élections municipales auxquelles Gauche Moderne participera. Certains observateurs l’ont déjà souligné, ces derniers mois ont été le théâtre du grand retour des Etats. Dans cette optique, il n’est pas toujours déplacé d’observer certains mécanismes mis en place dans d’autres Etats membres et le cas échéant, d’en imaginer une transposition satisfaisante en France.
Par exemple, la gauche moderne est parfois naturellement – et légitimement – attirée par la « flexicurité ». Nous devons nous pencher avec attention sur les modèles qui existent au nord, mais en étant attentifs au risque d’une perception de ce système, par les employeurs français, comme un pur encouragement au licenciement. Une approche pédagogique et juridique spécifiquement française est toujours nécessaire lorsque l’on veut faire du « benchmarking ».
Enfin, c’est en 2008 que la France prendra la présidence de l’Union, au moment même où devra être engagé un bilan en vue de la mise en place de la future Politique agricole commune. En marge de ce processus, le régime social des agriculteurs – qui ne voient pas tous leurs revenus augmenter – devra faire l’objet de nos réflexions.
Notre prochaine réunion se tiendra le 9 janvier 2008 à 19 heures. N’hésitez pas à nous contacter pour y participer.
ER
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Commentaires
Chers Amis,
Nul n'est à présent sensé ignorer le Blog GAUCHE MODERNE. Cyril en aura été le maître d'oeuvre pour son installation sur le Net, et moi je me suis mis à sa conception et son "remplissage"depuis 2 jours.
Merci à tous de bien vouloir l'alimenter en articles et autres notes pouvant intéresser les Français d'Afrque, et tous nos Amis africains qui pensent déjà que GAUCHE MODERNE est l'initiative événement 2008 !!
Merci aux responsables du Blog GM Bruxelles de bien vouloir insérer le lien suivant: http://gauchemoderneafrique.hautetfort.com/
J'ai ce jour insérer (déjà) le vôtre. Amicalement. Philippe
Ecrit par : Philippe ZLOCZEWSKI | 06 janvier 2008
Je vous cite:"Nous devons nous pencher avec attention sur les modèles qui existent au nord, mais en étant attentifs au risque d’une perception de ce système, par les employeurs français, comme un pur encouragement au licenciement."
Quelle conception avez-vous des chefs d'entreprises français ? Des pervers malfaisants qui n'attendent qu'une occasion, qu'un pretexte pour procéder à cette jouissance sauvage, à cet ultime orgasme qu'est le licenciement ?
Plus sérieusement, la principale difficulté à laquelle sont confrontés les chefs d'entreprise est le recrutement. Recruter, motiver, fidéliser les employés est particulièrement difficile. Le licenciement est donc toujours un échec, du temps perdu (formation, temps d'adaptation, etc.). Et je ne crois pas qu'un chef d'entreprise n'attende qu'un pur encouragement pour pouvoir (enfin) licencier tous ces employés ! :-)
L'accord obtenu par les partenaires sociaux français sur la modernisation du contrat de travail va dans le bon sens car il n'existait que 2 modes de rupture : la démission (avec impossibilité pour l'employé de toucher les allocations chômage pendant un temps donné) ou le licenciement pour faute. La vie est plus compliquée que cela, et la possibilité désormais de rompre de contrat par consentement mutuel, avec les compensations et les garde-fous prévus, me semble un bon équilibre. A voir dans la durée comment cela s'appliquera.
Ecrit par : Simon-Pierre T | 16 janvier 2008
Je vous rejoins pour dire que l'accord sur la modernisation du contrat de travail va dans le bon sens. Cela n'empêche pas que la recherche d'un équilibre doive se poursuivre, elle doit même être permanente. Non, je ne prends pas les chefs d'entreprise pour des pervers, d'autant moins que j'en suis un moi-même (un chef d'entreprise, pas un pervers, enfin je crois :-)). Mais la perception des choses est différente en France de ce qu'elle est au Danemark - ou même en Belgique - tout simplement parce que la mentalité n'est pas la même ; une certaine culture du conflit demeure. Par ailleurs et surtout, il y a dans la catégorie même des chefs d'entreprise, comme dans toutes les catégories, une grande diversité d'approches sur ce sujet. Certains pensent qu'il est plus "rentable" à court terme de procéder régulièrement à des ruptures avant que le facteur "ancienneté" fasse des "dégâts". Ce n'est pas une hypothèse d'école, loin de là. C'est à mon sens ici, notamment, qu'un danger existe.
ER
Ecrit par : Emmanuel Ruchat | 16 janvier 2008
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