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03 décembre 2007

"C'est quoi votre gauche, là ?"

Qu'est-ce qu'être de gauche ? Il n'y a pas de réponse univoque aux questions qui ne manqueront pas de continuer à nous être posées, parfois avec mépris d'ailleurs ("mais alors vous êtes la gauche de droite ?"). Donc je ne sais pas si nous devons être limpides et imparables, à supposer que ce soit possible car cela renvoie à la question "qu'est-ce qu'être de gauche ou de droite", ce qui est une science passionnante mais parfois inexacte. En tout cas nous devons être sincères quand nous répondons à cette question, ne pas hésiter à faire une réponse personnelle, et ensuite être précis en donnant des exemples, ce que nous tenterons notamment de faire à GM Bruxelles.

 

Car il y a plusieurs chemins de pensée qui mènent à gauche, comme à droite. Moi je crois que c'est une question de priorités, c'est vrai que les gens de droite a priori valorisent l'ordre et les gens de gauche la solidarité. C'est vrai aussi, comme cela a été dit lors de la conférence de presse, qu'être de gauche peut se définir comme placer l'humain au coeur de la société. Et pourtant vous trouverez toujours des gens de droite (je le sais, je les connais car mon histoire a ses racines chez eux) qui penseront sincèrement être solidaires et placer l'homme au coeur de la société.

 

En ce qui me concerne par exemple je sais que mon cheminement vers le centre-gauche n'est pas seulement dû au fait que je suis persuadé que liberté économique va de pair avec responsabilité sociale (que je préfère à "solidarité"). C'est d'abord une immense envie de voir la société évoluer vers plus de liberté non pas économique mais personnelle : de pensée, d'expression, de comportement, de moeurs, d'action et d'inaction, sans que tout le monde juge tout le monde. Or cette liberté nécessite souvent un "filet de sécurité" qui fait que l'argent ne doit pas être systématiquement la contrepartie d'un travail d'arrache-pied, d'une intelligence suprême, d'un talent fou, des efforts ou de la chance : il doit être là, c'est tout, d'où la nécessaire "solidarité".

 

La mondialisation est souvent positive, mais elle nous a aseptisés, formatés, seuls les hommes libres peuvent y puiser le meilleur ; je pense que cette liberté-là, en 2007 comme en 68, est à gauche. Voilà pourquoi je n'ai pas apprécié la sortie du candidat Sarkozy sur mai 68 ; mais je crois qu'il ne pensait pas vraiment ce qu'il disait (est-il vraiment de droite ?), en revanche ce qui me gêne c'est la clientèle qui vibre en entendant ce genre de discours. Question d'état d'esprit avant tout, d'ouverture. Mais aussi de nuances : comme l'écrivait Jean Daniel dans son édito il y a un mois environ, il est difficile de coller une étiquette, de faire rentrer dans des cases les gens de gauche : ils apportent toujours une nuance à leur discours ; c'est cela aussi la liberté.

Vive Gauche Moderne !

Commentaires

Ce texte est particulièrement juste à mon sens.

Moi qui ne viens pas de la "gauche" mais du milieu libéral, je pense effectivement que les libertés économiques et sociales sont tout à fait conciliables!
Avouons aussi qu'aujourd'hui, Gauche et Droite ne sont que des mots vides de sens, la pragmatisme n'est pas l'apanage de l'un ou de l'autre camp...

A vendredi pour cette première réunion et faisons vivre ce blog!

Cyril Divoul

Ecrit par : Divoul Cyril | 04 décembre 2007

Un commentaire que je trouve intéressant de monsieur Simon-Pierre Trézeguet...

C'est la quadrature du cercle. Le libéralisme n'est ni de droite ni
de gauche. Le social libéralisme qui nous unit attire des gens de
gauche, mais aussi des gens de droite. Le Manifeste est très clair
quant à notre postionnement politique. Etre social libéral, c'est une
nouvelle façon d'être arbitre entre droite et gauche, non pas au
centre (car le centre tend à privilégier les compromis entre les 2
camps, et est donc menacé par l'immobilisme, le petitréformisme), mais
sur un positionnement clair, revendiqué, sur un programme d'action
tranché et ambitieux.

Etre social libéral, c'est être dans le camp des réformes visant à la
fois à libérer les énergies créatrices de valeur de ce pays, et à
assurer une justice sociale dynamique (c'est-à-dire aidant les gens à
réellement sortir des situations de précarité).

Pour ma part, je ne suis pas intéressé à la création d'un PS bis, qui
aurait une vision un peu plus moderne que l'ancien. La création d'une
force sociale libérale visible, active, qui attire des élécteurs:
voilà les objectifs qui m'ont motivé à rejoindre ce site.
Aujourd'hui, cela passe par une alliance avec l'UMP ; demain peut-être
avec le PS. Mais ce n'est pas notre alliance qui est fondatrice, bien
plutôt nos idées, notre manifeste.
Pour devenir visibles, il nous faudra peut-être fédérer les partis
dans la même mouvance que nous en une union/confédération.

Cordialement,
Simon-Pierre

Ecrit par : Divoul Cyril | 05 décembre 2007

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